THE RAID 2, réalisé par Gareth Evans.

Souvenez-vous, il y a deux ans à peine, sortait sur nos écrans un petit film Indonésien complètement inattendu du nom de THE RAID. On aurait, à l’époque avant sa sortie, pas parié sur le fait de le voir devenir culte, ni même à le voir dépasser tout ce qui s’est fait de mieux dans le cinéma d’action depuis des décennies. Et pourtant, et pourtant. Face au succès du film, autant critique que public, la suite était inévitable. Et c’est de cette suite que l’on va parler aujourd’hui. Suite commerciale surfant sur le succès de son prédécesseur, ou nouveau coup de poing magistral et inoubliable? Réponse dans la critique.

049080

SYNOPSISAprès un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d’Uco, le fils d’un magnat du crime indonésien – son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.

« L’un des meilleurs films d’action de tous les temps » se vante l’affiche. Si la formule est racoleuse, et tellement utilisée que l’on peine à la croire ou a y faire attention, pour une fois on peut leur accorder qu’ils ne mentent pas. En effet, à moins d’être aveugle ou de dormir pendant la séance, impossible de nier l’évidence: la mise en scène de Gareth Evans, qui faisait des merveilles dans le premier film, atteint ici des sommets de virtuosité et d’originalité. Jamais dans l’histoire du film d’action on a vu une telle façon de filmer un art martial, et surtout, de façon aussi brutale. Car en plus de la démonstration technique, THE RAID 2 c’est aussi un spectacle ultra-violent et sanglant absolument jouissif, dépassant au moins dix fois son prédécesseur, déjà très généreux de ce côté là.

545476

Pourtant, si THE RAID 2 est la suite directe de THE RAID, tout différencie les deux films. Les espaces réduits de l’immeuble servant de décors principaux au premier film, laissent ici place à une variété de lieux différents et aux ambiances très marquées, mais surtout, le scénario qui n’était alors qu’un prétexte à l’action, se transforme cette fois en une véritable fresque mafieuse, développant et enrichissant l’ébauche de son univers et de ses personnages. Alors il ne faut pas s’attendre au scénario le plus original de ses dernières années, il s’ancre même dans le classicisme et n’évite pas les clichés et révélations prévisibles, mais c’est un classicisme bourré de charme dans sa façon de construire son histoire, qui offre au film un statut un peu plus élevé que celui du « film d’action bourrin et crétin ». Je parlais tout à l’heure de la mise en scène de Gareth Evans, car c’est elle la vraie star du film, avec bien sûr l’inégalable et l’inarrêtable Iko Uwais (qui conclut le film sur une punchline savoureuse, tout en laissant la porte ouverte au troisième épisode, annoncé avant même la sortie de celui-ci). THE RAID 2 est un film à part car Evans a compris l’essence même du film d’action (mais aussi du cinéma par la même occasion), c’est-à-dire saisir, et retranscrire à l’écran avec le plus de réalisme possible, le mouvement. Quand un personnage, frappe, la caméra frappe aussi, quand un personnage vole, la caméra s’envole, etc. C’est cette union particulière entre la caméra et le mouvement qui rend le style du jeune réalisateur Britannique, unique et inégalable. Ainsi, chaque scène d’action majeure devient culte, car fourmillant d’idées de mise en scène dans tous les sens qui transcendent les séquence elles-mêmes, et la notion d’action au cinéma. On ne compte plus les plans-séquences qui s’enchaînent avec une fluidité sans pareil, donnant souvent l’impression que la caméra flotte au milieu des personnages, le tout monté avec un sens du découpage d’une précision chirurgicale.

042625

Pour ne pas paraître trop élogieux non plus (le film n’est pas un chef d’oeuvre), je vais chipoter un peu sur des DÉTAILS (J’insiste sur le mot, puisque ce sont des points dérisoires face à l’immensité du film qui est d’ores et déjà un incontournable du genre). La première déception vient de la musique, qui ne bénéficie pas de l’esprit talentueux et énergique de Mike Shinoda qui avait fait des merveilles sur le premier film. Malgré la présence de l’excellent Joseph Trapanese à la baguette, la bande originale reste malheureusement beaucoup trop transparente. On relèvera aussi quelques inégalités durant la première heure, un peu (mais vraiment qu’un peu) foutraque et légèrement trop pressée, qui ne laisse pas vraiment de temps aux personnages pour enrichir leurs liens et leurs relations. Et enfin, et là encore ce n’est vraiment que du détail, on regrettera le manque de professionnalisme de la plupart des acteurs, dont le jeu sonne parfois un peu faux. Mais après tout, on ne peut pas exiger d’eux qu’ils sortent à la fois de l’Actors Studio, et du dojo de Penchak Silat du coin. Donc, pour résumer, pas besoin d’être un fan hardcore de film d’action pour apprécier THE RAID 2, il suffit tout simplement d’apprécier la beauté d’une mise en scène soignée et inspirée, qui délivre les coups et les giclées de sang avec une énergie et une générosité illimitées.

4 étoiles

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s