HER, réalisé par Spike Jonze.

Me revoilà. J’ai laissé le blog à l’abandon depuis le mois de Décembre, tout simplement par manque de temps en raison de mon emploi qui me demande beaucoup d’investissement sur le plan moral et physique. Mais j’ai également pris un peu de temps pour me consacrer exclusivement à l’écriture de critiques sur le CinéClubMovies, qui reste le blog que je privilégie, malgré tout l’amour que je porte à celui-ci. Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’un film donc, mais pas de n’importe quel film. A vrai dire, je crois même qu’inconsciemment j’attendais le bon film afin de démarrer l’année 2014 ici. Et ce film, c’est HER de Spike Jonze, que l’on a eu la joie de voir obtenir l’Oscar du Meilleur Scénario au début du mois.

HER

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Pour être tout à fait franc avec vous, ce n’est que très récemment que j’ai découvert Spike Jonze en tant que réalisateur. J’ai connu le monsieur pour ses frasques avec les Jackass, notamment lorsque celui-ci s’amusait à se travestir en grand-mère nympho, névrosée, et exhibitionniste de 90 ans. Et c’est lorsque j’ai découvert Max et les Maximonstres, puis Dans la Peau de John Malkovich, que mon admiration pour son travail a débuté, et elle vient aujourd’hui de définitivement se confirmer avec Her, de très loin son meilleur film. Le travail de Spike Jonze démontre que sous ses airs très sympathiques et ses nombreux sketchs comiques à l’humour gras, se cache en vérité un homme assez torturé (dans le bon sens du terme), débordant d’idées ingénieuses et intelligentes, mais surtout, un talent indéniable. Pour vous dire grossièrement à quel point Her m’a touché, je trouve qu’il n’y a rien que l’on pourrait reprocher au film, à l’exception de deux ou trois petites longueurs dérisoires face à l’ascenseur émotionnel qu’est le film.

HER

La réussite du film repose sur trois gros points forts, qui sont: Une idée originale, soutenue par une écriture d’une finesse et d’une poésie remarquables, où presque chaque dialogue vient vous frapper au fer rouge en plein cœur, où chaque mot peut vous faire basculer, en quelques secondes, d’un rire franc et sincère à de chaudes larmes offertes par la beauté de ce qui s’avère être une des plus belles histoires d’amour que l’on ait pu voir récemment. Ensuite, vient ce parti pris de n’utiliser que la voix, si spéciale et reconnaissable entre mille (à ne surtout pas voir en version française, vous vous priveriez de 70% de tout le charme du film) de Scarlett Johansson, qui n’apparaîtra jamais à l’écran, mais qui arrive tout de même à faire exister, à créer, et surtout à développer son personnage, au même titre que les autres, et avec une force qu’on ne lui soupçonnait pas, par son seul timbre de voix, ses mimiques vocales, sa façon de parler et de tourner les phrases, son rire, etc. Si une partie de la réussite du personnage revient à Spike Jonze pour l’écriture de celui-ci, réussir à le concrétiser de la façon dont Scarlett Johansson l’a fait, disons-le franchement, cela relève de la prouesse et d’une vraie performance d’acteur. Une vraie performance d’acteur que livre aussi Joaquin Phoenix, qui n’a jamais été aussi touchant dans la peau d’un romantique déboussolé tendrement attachant. Et enfin, Her frappe aussi par sa mise en scène, sans extravagance, porté par une sublime photographie et mélangeant habilement la comédie dramatique, la romance, et la science-fiction, là aussi tout en finesse. Le futur de Spike Jonze s’ancre dans un passé qui découle sur un présent plein de mélancolie, où la musique d’Arcade Fire berce des rêves inatteignables.

HER

Her est bel et bien le coup de coeur vendu par tous les premiers retours ultra positif du film. Tout fonctionne dans ce petit bijou, que ce soit le concept, ou l’émotion qu’il véhicule par ses nombreux thèmes d’une intelligence redoutable. L’Oscar du Meilleur Scénario est loin d’avoir été volé, croyez-moi. Se risquer à voir Her, c’est prendre le risque de se retrouver hanter par la voix de Scarlett Johansson pendant plusieurs jours, c’est prendre le risque de réfléchir sur un sujet social qui se veut futuriste mais qui s’appuie sur des faits bien actuels, c’est prendre le risque d’avoir les mélodies composées par Arcade Fire dans la tête des heures durant, c’est prendre le risque de laisser son cœur battre devant la brochette de seconds rôles délicieux, de se laisser attendrir et émouvoir par l’un des meilleurs rôles, et un des plus complexes, auxquels Joaquin Phoenix ait été confronté. Se risquer à voir Her, c’est prendre le risque de se retrouver devant un des meilleurs films que l’on verra cette année. Alors, prenez le risque.

5 étoiles

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