[CRITIQUE] « Gravity », réalisé par Alfonso Cuarón.

La semaine dernière, je me déplaçais jusqu’à mon Mega CGR préféré (grosse ironie inside), pour découvrir, dans la joie que m’a procurée la compagnie de bouffons qui commentaient tout ce qu’ils voyaient en riant telle une classe de CP devant le dernier Disney, La Vie d’Adèle, soit la plus belle histoire d’amour à laquelle j’ai eu l’occasion d’assister au cinéma, et que vous pouvez découvrir ici si ça vous intéresse. Parce que je suis un peu maso, et parce que j’avais pas le choix, j’ai cette semaine décidé de retenter le coup, dans le même ciné, mais cette fois c’est Gravity, le nouveau bébé d’Alfonso Cuarón qui m’avait fait rêver avec Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, et laissé un peu de marbre avec Les Fils de l’Homme, que je suis allé prendre dans la gueule. Verdict sur l’un des films les plus attendus de l’année, et aussi le plus encensé à ce jour.

Gravity

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

Je ne fais pas parti de ces gens qui ont vu dans Avatar une quelconque avancée pour le cinéma d’aujourd’hui. Avatar, bien que cela ne soit pas un mauvais film, loin de là, est néanmoins une jolie arnaque qui dissimule une misère scénaristique assez importante sous des effets spéciaux qui ont déjà pris un petit coup dans la face avec le temps (mais n’exagérons rien non plus, c’est léger), et qui lasse au bout de deux visionnages. Et si vous vous demandez pourquoi je parle de ça, c’est parce la véritable révolution que l’on attendait, celle qui fait bel et bien entrer le cinéma dans une ère nouvelle, qui redonne sa crédibilité, et en prouve l’utilité, à la 3D, tout en lançant à tous les réalisateurs actuellement actifs le défi complètement dingue de réussir à faire mieux, c’est Gravity. Alfonso Cuarón vient effectivement d’emmener le cinéma que l’on connait aujourd’hui à un point auquel on ne l’avait jamais vu. Gravity, au-delà d’être un simple film, est une expérience cinématographique, sans doute la plus réaliste qui ait été faite, et la plus efficace. Le film vous emmène directement dans l’espace, et croyez-moi, vous allez adorer ça.

GRAVITY

Premier point fort qu’il faut noter, et surtout mettre en avant, c’est que Gravity est un projet original. Et voir un projet comme celui-ci, c’est-à-dire d’une ambition complètement folle et rattaché au seul nom de son réalisateur comme argument de vente, atteindre un tel succès critique et public (salle pleine durant l’avant-première, dans un cinéma de province) c’est tout simplement magnifique. Surtout quand la salle, dans son ensemble, ressort autant sur le cul que vous. Pourtant le scénario reste simple, on suit les mésaventures de deux astronautes coincés dans l’espace, mais par la technique, Cuarón transcende complètement celui-ci pour en faire quelque chose d’incroyablement palpitant, émouvant, et inoubliable. Pourquoi cela? Parce que déjà, commencer son film par un plan-séquence d’une bonne vingtaine de minutes dont la mise en scène relève tout simplement du génie, y’a pas de meilleure façon de le dire ou de le décrire, c’est quelque chose qui marque la mémoire d’un cinéphile. Quand en 20 minutes, un film vous offre plus de frissons, d’émotions, et de spectacle que presque tous les films que vous avez pu voir en une année, vous savez que vous êtes en train d’assister à quelque chose d’immense. Et l’immensité, c’est le mot qui correspond le mieux au film: Immensité émotionnelle, immensité au niveau de la mise en scène et de la réflexion/préparation qu’elle a dû demander, immensité du décor dans lequel l’histoire prend place, immensité que retrouvent Sandra Bullock et George Clooney dans ce qui s’avèrent être les meilleurs rôles de leurs carrières respectives, etc. C’est même carrément difficile d’écrire sur ce film, car c’est un film qu’il faut vivre par soi-même!

GRAVITY

Gravity apporte aussi la preuve visuelle qu’il est donc parfaitement possible de faire un film techniquement parfait, tout en chargeant son scénario d’émotions pures, accompagnées d’une des meilleures compositions sonores de l’année, une sorte de magnifique mélange du meilleur d’Hans Zimmer et de Steve Jablonsky, mais avec une identité propre. Il paraît improbable qu’on puisse rester de marbre devant un tel film, ou alors c’est que vous avez sans doute égaré votre cœur et vos sentiments quelque part dans l’espace. Mais finalement, bien que je lui ai un peu craché dessus en début de critique, James Cameron avait quand même raison sur une chose: « Gravity est le meilleur film sur l’espace jamais réalisé ». Et que les plus sceptiques et les non-initiés à la science-fiction soient rassurés: Gravity, ce n’est pas de la science-fiction, c’est la plus belle aventure, et le plus beau drame, de l’année, qui a simplement eu l’ambition de prendre l’espace comme cadre pour celle-ci. Houston, on a un chef d’oeuvre.

5 étoiles

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7 réflexions sur “[CRITIQUE] « Gravity », réalisé par Alfonso Cuarón.

  1. allez 1 étoile pour le décor…le reste scénario 0, acteur 1 pour sandra 0 pour georges et basta !
    Merci de ne pas supprimer ce commentaire…ca serait prendre parti pour un film qui ‘en vaut pas la chandelle ! (merci admin)

  2. Pour moi « Gravity » est au meme niveau qu' »Avatar » : epoustouflant visuellement, repoussant les limites de la technologie numerique… mais bien trop faible sur le fond. Les dialogues sont terriblement plats, et Sandra Bullock n’est toujours pas une bonne actrice.
    Ceci etant dit, il merite de se deplacer au cinema pour le voir en IMAX 3D. C’est une experience unique.

    • « Sandra Bullock n’est toujours pas une bonne actrice » : consterné de lire ça. Ce n’est pas parce qu’elle a tourné deux ou trois navets qu’elle n’est pas une bonne actrice. Elle parvient à faire rire, à faire trembler, à émouvoir dans des registres totalement différents à chaque fois. Il suffit de comparer ses personnages dans ses deux derniers films pour avoir une idée de l’étendue de son talent. Ou de se rappeler de son personnage froid et cynique de « La proposition » pour voir le décalage avec celui de Ryan Stone dans Gravity.

  3. J’ai beaucoup aimé ce film également, pour es mêmes raisons que toi…excepté pour la 3D.
    J’ai hâte de voir ce film en blu-ray pour le découvrir sans l’artifice de cette 3D gadget…

    Et quel travail sur la piste sonore dans ce film…

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